Ce soir,
Je viens de refermer La fille verticale et je me sens bizarre. Pas mal, pas bien non plus. Juste… pleine. Comme si le livre avait laissé quelque chose en moi, une sorte de poids dans la poitrine que je n’arrive pas à faire partir. J’ai besoin d’écrire, parce que garder ça dans ma tête me donne l’impression d’étouffer.
Ce livre m’a touchée plus que je ne l’aurais cru. Je pensais lire une histoire, mais en réalité, j’ai eu l’impression de lire quelqu’un qui pensait exactement comme moi, mais avec plus de courage. La narratrice est tellement fragile, tellement instable, et pourtant elle continue à avancer. Elle essaie de rester « droite », même quand tout tremble à l’intérieur. Cette idée de verticalité me hante depuis que j’ai fini. Être verticale, ce n’est pas être forte. C’est refuser de s’effondrer complètement, même quand on en a envie.
Pendant la lecture, je me suis souvent reconnue, et ça m’a fait peur. Sa manière de penser, de douter, de ressentir trop fort… c’est exactement ce que je vis parfois. Cette sensation d’être perdue sans réellement savoir pourquoi. De vouloir aimer, être aimée, mais sans jamais se sentir vraiment à sa place. Je me suis demandé si c’était normal de se sentir aussi instable à 20 ans, et ce livre m’a presque répondu : oui, c’est normal, mais ça fait mal.
Les relations dans le livre m’ont laissée un goût amer. On sent que les liens avec les autres sont importants, presque vitaux, mais qu’ils font aussi très mal. Il y a beaucoup d’incompréhension, de silences, de maladresses. J’ai ressenti une solitude immense, même dans les moments où la narratrice n’est pas seule. Et ça m’a bouleversée parce que je connais cette solitude-là : celle qu’on ressent même entourée, quand personne ne voit vraiment ce qu’on a à l’intérieur.
Ce qui m’a le plus marquée, c’est la manière dont la souffrance mentale est décrite. Sans filtre. Sans faire semblant que ça va s’arranger rapidement. Les pensées envahissantes, la fatigue émotionnelle, le sentiment de ne jamais être totalement stable… tout est là. À certains moments, j’ai dû poser le livre parce que ça me renvoyait trop à mes propres failles. Ce n’était pas agréable, mais c’était vrai.
Et pourtant, malgré tout ça, je ne ressors pas de cette lecture complètement désespérée. J’en ressors lucide. La fille verticale m’a fait comprendre qu’être perdue, douter, tomber, se relever maladroitement, ça fait partie du chemin. Qu’on n’est pas obligé d’aller bien tout le temps pour continuer à avancer. Être verticale, c’est peut-être juste accepter d’être bancale.
Ce livre ne m’a pas consolée, mais il m’a comprise. Et ce soir, ça compte énormément.


